Cédric Guillemin nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions à propos du festival de film de famille.

Family Movie : Cédric, que propose le Festival de Film de famille de Saint-Ouen ?

Cédric Guillemin : Le Festival propose de découvrir et de partager des histoires de famille, racontées en image pas des auteurs amateurs ou professionnels,dans une ambiance conviviale propice aux rencontres et discussions.

FM : C’est la 3ème édition, quel est le thème de cette année ?

CG : Depuis sa création, la programmation du festival est créée à partir d’œuvres proposées spontanément suite à un appel à candidature ouvert à tous. Bien qu’aucune thématique ne soit imposée, nous constatons toujours qu’il s’en dégage une ou deux : l’an dernier par exemple, la génération des grands-parents, garants de la mémoire du 20ème siècle, était très représentée. Cette année nous découvrirons plusieurs documentaires intimistes sur la question de devenir parents et plusieurs films expérimentaux réalisés à partir de films de famille 8mm et super 8 devenus historiques.

FM : Que vient chercher votre public ? Quelle est sa motivation ?

CG : A présent que le festival commence à être reconnu, le public sait de plus en plus que c’est l’occasion de voir des films rares, souvent très créatifs, d’en confronter les histoires avec sa propre mémoire, sa vie familiale et ses souvenirs, et de partager cette expériences avec les auteurs et les autres festivaliers. Il existe beaucoup de connivences entre les sujets des œuvres et nous : ce sont des films qui nous rapprochent.

FM : Combien de films avez vous reçus ?

CG : Nous avons reçu une soixantaine de films. 31 sont programmés et sont tous susceptibles de recevoir le prix du jury ou le prix du public.

FM : Qui sont les personnes qui vous envoient leurs films ?

CG : Beaucoup sont déjà réalisateurs et s’intéressent, au cours de leur parcours professionnel, à leur propre famille ou un de ses membres. Nous attachons beaucoup d’importance à ce que l’auteur soit un membre de la famille qu’il filme, à part pour certains courts métrages de fiction. Parfois, ce sont des films de famille retrouvés qui deviennent les « héros » de nouvelles créations. Et les auteurs amateurs, de tous horizons, proposent des chroniques et portraits, bien ficelées, originales et émouvantes : avec le DV et l’informatique, les films sont de moins en moins amateurs.
D’ailleurs, le festival témoigne aussi de l’évolution du film de famille, avec le temps et les nouvelles technologies.

FM : Comment l’idée vous est-elle venue ?

CG : D’un film ! J’avais filmé la naissance de mon deuxième fils avec l’idée que je pourrais montrer à son grand frère comment c’était à la maternité. Au bout du compte, c’est le film de la rencontre entre les deux enfants. La première fois qu’ils se sont vus. Une histoire simple et universelle, comme il doit en exister partout et que j’ai eu envie de découvrir et montrer. Grâce à la confiance de Denis Vemclefs, directeur de l’Espace 1789 où je travaille comme responsable billetterie et le concours d’Odile Daudet, amie de la famille, réalisatrice, elle-même intéressée personnellement par le sujet, le Festival du Film de Famille est né à Saint-Ouen en 2006.

FM : Vous commencez à être soutenu. Quels sont vos partenaires ?

CG : Nous faisons surtout des échanges de visibilité, d’idées et d’images parfois, comme par exemple avec les Films Faits En Famille, Cinémémoire et Family Movie bien sur. Matériellement nous sommes portés par l’Espace 1789 et soutenus par la ville de Saint-Ouen. Mais le Festival est encore jeune et la recherche de partenaires n’en est qu’à son commencement!

FM : Quelle est votre plus grande source de satisfaction ?

CG : La surprise : celle des auteurs lorsqu’ils découvrent leur film sur grand écran, celle des spectateurs devant la richesse et l’inventivité des propositions. L’enthousiasme qu’on nous manifeste quand on nous demande « alors, vous le refaite cette année, c’est quand ? »

FM : Votre plus beau souvenir ?

CG : Les rencontres et discussions autour d’un verre entre les séances : tout le monde parle, échange ses impressions et ses souvenirs. Je me souviens des commentaires d’une maman, elle même héroïne avec son mari d’un documentaire réalisé par leur fils, s’identifiant aux personnages d’un autre film !

FM : merci Cédric d’avoir répondu à nos questions et bon festival.

Et pour vous donner envie d’y aller, une des bandes annonces du film “La mariée mise à nu” de Cathie Gouttefange

http://www.vimeo.com/2225646